Un faux espoir - Oudjama Santo
Oudjama Santo

Cuisinier dans un restaurant de Montréal, je partage mon temps entre ma vie de famille (je suis père de trois enfants) et mes longues heures en cuisine. Mais il faut le dire, la nourriture est chez moi une véritable passion. À travers ce blogue, je vous partage certaines de mes recettes favorites et vous fait part des bienfaits de certains aliments.

Un faux espoir

Un faux espoir - Oudjama Santo

Cela faisait un moment que j’étais à la recherche d’une maison. J’avais économisé pendant 10 ans pour cela. Il était devenu de plus en plus urgent de me trouver un endroit propre à moi, où il me serait possible de me retrouver dans le calme. J’avais toujours eu la malchance jusque-là, d’avoir à supporter des voisins qui la jouaient toujours flamenco au-dessus de ma tête, ou alors stomp kitchen pour ceux du dessous. Quand les philosophes disent que l’enfer, c’est les autres, pour ce qui est des voisins, cela a toujours été vrai. Je ne dirais pas que je suis un modèle pour les autres, seulement, il ne m’a jamais semblé avoir réveillé qui que ce soit à des heures indues.

Je faisais régulièrement deux ou trois visites par mois, pour trouver la maison de mes rêves. Je finissais par en trouver une assez coquette, pas trop loin du métro Angrignon. Dès le premier regard, je savais que c’était la bonne. Elle n’était pas très grande en surface, mais possédait trois niveaux. Elle avait aussi un petit jardinet et se trouvait sur une rue calme, où seuls les habitants du quartier roulaient en voiture. Pendant la visite, je descendais au niveau du garage, et du sous-sol. Un détail très important sur le sol, allait faire que j’allais refuser de faire l’achat. Une grosse tache présentant un gros problème d’humidité. La vendeuse de l’agence immobilière m’affirmait qu’un simple drainage suffisait largement pour résoudre ce problème.

Je m’achetais de nouveaux meubles pour le salon, ainsi que pour la cuisine. Je me voyais déjà vivre pas mal de bons moments dans ma nouvelle petite maison. J’ai invité quelques-uns de mes amis à passer une soirée le samedi. J’en gardais quelques-uns à dormir, en précisant, que je tenais absolument à ce qu’il fasse très attention à leur réveil de ne pas me déranger. Je me délectais déjà de toutes les grasses matinées que j’allais, enfin pouvoir m’offrir. Dimanche matin, 09:00, un bruit mécanique me réveilla. Je devinais tout de suite que c’était une tondeuse à gazon. C’était le voisin d’à côté. J’allais le voir sans prendre le temps de m’habiller correctement, avec une gueule d’une personne complètement torchée, en pyjama complètement chiffonné, sans me coiffer. Le bonhomme en me voyant arriver, arrêta la tondeuse. Il me regarda d’un air inquiet. Après 10 minutes de discussions, je venais de comprendre que je n’aurais jamais un seul dimanche de grasse matinée. C’était chose habituel de tondre le gazon le dimanche d’après lui. Me voilà bien arrangé maintenant